Critères de convergence :Dérapage collectif des Etats de la Cemac sur la politique budgétaire.
Le rapport de surveillance multilatérale 2023 adopté courant octobre 2024 révèle qu’aucun Etat de Cemac n’a respecté les quatre critères de convergence dont le but est d’assurer la coordination des politiques budgétaires dans la sous-région. Cette situation peut être un signe de la mauvaise gestion financière des Etats.
S’achemine-t-on vers un nouveau round du programme économique et financier entre les Etats de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et le Fonds monétaire international (FMI). Malgré la volonté des Etats d’en finir afin de gagner des marges de manœuvre budgétaires, cette hypothèse ne semble pas invraisemblable. Du moins, le dernier rapport de la Surveillance multilatérale (2023), adopté le 11 octobre 2024 ne rassure pas. Il ressort qu’aucun des six pays de la Communauté n’a respecté les quatre critères de convergence en vigueur.
En respectant deux critères chacun, la République centrafricaine (taux d’inflation : 3% ; stock de la dette publique : 44,7% du PIB) et la Guinée équatoriale (taux d’inflation annuel moyen : 2,4% ; dette publique : 35,5% du PIB) sont les moins mauvais élèves de la sous-région en 2023. Le Cameroun (dette publique : 48,1 du PIB), Congo (solde budgétaire de référence : 2,6% du PIB), et Tchad (dette publique : 36,3% du PIB) s’en tirent avec un seul critère chacun. A l’inverse, le Gabon n’a atteint aucun critère. De même, aucun pays n’a respecté le critère de non accumulation des arriérés de dettes. De quoi douter de l’impact des différents programmes économique et financier mis en œuvre avec le FMI et qui visent pour la stabilité macroéconomique et la consolidation budgétaire.

