COP29 à Bakou : L’Afrique au cœur du défi climatique et du financement insuffisant.

À la COP29 à Bakou, l’Afrique a réaffirmé son rôle central dans le combat contre le changement climatique, mettant en lumière l’écart critique entre ses besoins financiers et le soutien international reçu. Les discussions organisées par la Banque africaine de développement (BAD) et d’autres acteurs ont exposé des solutions innovantes, mais les défis structurels demeurent.

L’Afrique, bien qu’elle ne contribue qu’à une faible part des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit des impacts disproportionnés du changement climatique. Pourtant, les flux financiers alloués au continent restent largement insuffisants. Gareth Phillips, chef de la division financement climatique à la BAD, a souligné un besoin estimé à 2 700 milliards de dollars d’ici 2030, soit 400 milliards annuels, alors que seulement 47 milliards de dollars ont été reçus en 2022. Ce montant représente un maigre 3,6 % des financements climatiques mondiaux.

La BAD a toutefois réalisé des progrès notables, avec un investissement record de 5,8 milliards de dollars en 2023 pour des initiatives d’adaptation et d’atténuation climatiques. Néanmoins, ces efforts doivent être amplifiés pour mobiliser des ressources à la hauteur des besoins du continent.

Pour combler ce déficit, la BAD a présenté des solutions innovantes : Création de banques vertes pour stimuler les financements locaux ; Développement des marchés du carbone et des solutions fondées sur la nature ; Programmes tels que le Mécanisme des bénéfices de l’adaptation et le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique, en partenariat avec le Centre mondial pour l’adaptation.

Ces initiatives visent à renforcer la résilience des pays africains, mais nécessitent un soutien accru des partenaires internationaux et des institutions financières.

Alors que la COP29 discute de nouveaux engagements financiers, les propositions restent en deçà des attentes. L’Afrique et d’autres pays en développement demandent entre 600 et 1 300 milliards de dollars annuels, mais la proposition de 250 milliards de dollars par an d’ici 2035 a été qualifiée d’« inacceptable » par les négociateurs africains.

Le fonds privé Altéra, malgré un potentiel de 250 milliards de dollars, peine à investir en Afrique en raison de l’instabilité politique, de l’absence d’infrastructures adéquates et des risques financiers élevés. Ce manque de confiance souligne l’urgence pour les gouvernements africains de renforcer leurs cadres réglementaires et de proposer des garanties solides pour attirer les investissements.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *