Microfinance en Afrique centrale : la COBAC impose de nouvelles règles pour sécuriser l’épargne

La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) a annoncé, lors de sa rencontre annuelle tenue le 15 septembre 2025 à Douala, de nouvelles mesures

destinées à renforcer la solidité du secteur de la microfinance en Afrique centrale. Objectif : sécuriser l’épargne populaire, prévenir les risques et aligner les établissements de microfinance (EMF) sur les standards internationaux.

Contrôle interne : des obligations accrues pour les établissements de microfinance

Depuis 2017, le règlement EMF R-2017/06 impose aux EMF de se doter de dispositifs de contrôle interne robustes. Concrètement :

  • Mise en place d’un contrôle permanent au quotidien,
  • Audit interne indépendant,
  • Comités spécialisés pour l’audit et la gestion des risques,
  • Rapport annuel normé à transmettre à la COBAC avant le 30 juin.

Ces obligations, parfois jugées contraignantes par les petits établissements, visent à transformer les EMF en « mini-banques fiables », capables d’assurer la sécurité de l’épargne des ménages et de mieux résister aux crises économiques et financières.

Lutte contre le blanchiment et financement du terrorisme (LBC/FT)

Un nouveau règlement, entré en vigueur en décembre 2023, renforce les dispositifs de conformité bancaire et de lutte contre les flux financiers illicites. Les établissements doivent désormais :

  • Identifier systématiquement leurs clients et bénéficiaires effectifs,
  • Surveiller en continu les transactions grâce à des systèmes automatisés,
  • Mettre à jour chaque année leur cartographie des risques,
  • Former régulièrement leur personnel,
  • Et déclarer toute opération suspecte à l’ANIF.

Ces mesures visent à protéger la stabilité financière de la CEMAC et à éviter que les circuits de la microfinance ne deviennent des canaux de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme.

Un enjeu de confiance et d’inclusion financière

Pour la COBAC, la professionnalisation du secteur de la microfinance est une priorité. Elle constitue un levier essentiel pour renforcer la confiance du public, développer l’inclusion financière en Afrique centrale et positionner la CEMAC dans les standards financiers internationaux.

À retenir pour les EMF

  • Contrôle interne : audit indépendant, comités spécialisés, rapport annuel normé
  • LBC/FT : identification des clients, surveillance continue, déclaration des opérations suspectes
  • Objectif : une microfinance sécurisée, transparente et résiliente

Avec ces nouvelles règles, la COBAC entend garantir que la microfinance en Afrique centrale devienne un véritable moteur de développement, tout en protégeant l’épargne des populations et en renforçant la crédibilité du système financier régional.

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