Sosucam : Six mois pour sortir du face-à-face sur la cession et préparer l’avenir de l’entreprise

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Avec la suspension de la cession de 82 % du capital de Sosucam par Somdiaa et la mise en place d’un comité interministériel pour une période de six mois, l’État ouvre une nouvelle séquence dans un dossier devenu stratégique.

Au-delà du foncier, de l’outil industriel, des comptes, de l’emploi et de l’approvisionnement du marché, la question centrale est désormais celle du financement de l’avenir de l’entreprise. Cession, investisseur stratégique, restructuration financière ou ouverture du capital : plusieurs scénarios peuvent être examinés. Parmi eux, une piste mérite d’être instruite : associer un investisseur stratégique à une préparation de Sosucam au marché financier, avec la BVMAC et son dispositif BVMAC ESPro, afin d’étudier les

conditions d’une ouverture progressive du capital à l’épargne camerounaise et de la CEMAC.

Le temps des choix

La décision gouvernementale change la nature du dossier Sosucam. Il ne s’agit plus seulement d’accompagner une transaction entre actionnaires, mais de déterminer les conditions dans lesquelles un actif industriel considéré comme stratégique peut continuer à contribuer à la production, à l’emploi, aux recettes publiques et à l’approvisionnement du marché national.

La valeur de Sosucam ne se résume en effet pas à ses actions. Elle englobe un outil industriel, des terres agricoles, des capacités de production, des emplois directs et indirects, des relations avec les fournisseurs et producteurs ainsi qu’un rôle majeur dans l’approvisionnement du marché sucrier.

Le blocage de la cession crée donc une fenêtre pour repenser le modèle. L’enjeu pour l’État n’est pas nécessairement de fermer la porte à de nouveaux capitaux ou à un investisseur stratégique. Il est de rechercher une formule permettant de financer la modernisation de l’entreprise tout en évitant qu’un changement de contrôle ne se traduise par une concentration totale de la valeur entre les mains d’un nombre limité d’actionnaires.

Six mois pour décider, pas pour attendre

La composition du comité interministériel traduit la complexité du dossier. Foncier, finances, commerce, industrie, approvisionnement et emploi devront être examinés de manière cohérente. Mais ces diagnostics devront, au terme des six mois, déboucher sur une décision économique et financière.

Le délai accordé au comité ne devrait donc pas être considéré comme une simple période d’attente. Il peut devenir un calendrier de préparation de la décision.

Plusieurs scénarios pourraient être instruits en parallèle : poursuite de la cession, recherche d’un investisseur stratégique, restructuration financière, ouverture du capital ou combinaison de ces différentes solutions.

C’est dans cette dernière perspective que le marché financier régional mérite d’être mis sur la table.

La BVMAC, une troisième voie à instruire

Le Cameroun abrite à Douala le siège de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) et cherche à accroître le financement des entreprises par le marché régional.

Le dossier Sosucam pourrait ainsi offrir l’occasion d’examiner une approche différente : ne plus poser uniquement la question de savoir qui doit reprendre l’entreprise, mais aussi celle de savoir comment financer son développement et comment organiser son capital à long terme.

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