Politique économique en zone Cemac : Le FMI met les chefs d’Etat au travail.

L’Institution de Bretton woods a réussi à attirer l’attention des dirigeants de la sous-région sur la situation réelle de leurs économies, la nécessité d’une politique budgétaire efficace et du respect de la surveillance multilatérale, nécessaires pour l’équilibre macroéconomique et la stabilité financière dans une union économique et monétaire.

Lors de sa visite de travail à Yaoundé, en novembre 2024, le directeur du Département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie avait annoncé les couleurs : « le FMI invite les pays de la zone Cemac à souscrire à des programmes économiques et financiers susceptibles de garantir la discipline budgétaire face aux chocs exogènes », selon le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute. Peu après, avec le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, le dirigeant du FMI a insisté sur : « l’importance d’un engagement plus fort des Hautes Autorités de la Communauté à poursuivre des politiques cohérentes et coordonnées, dans le but de préserver la viabilité des finances publiques et de renforcer la position extérieure de la Cemac ». On peut dire que le message est passé.

En réponse, le président du Cameroun Paul Biya et le président de la République Centrafricaine, par ailleurs président en exercice de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac), Faustin Archange Touadera, ont conjointement convoqué un Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cemac, le 16 décembre 2024 à Yaoundé sous le thème : « Evaluation de la situation et perspectives économiques, monétaires et financières de la Cemac : mesures de consolidation de la résilience ». Pour Paul Biya, « face à la cagnotte des ardoises qui ne cesse de s’alourdir, il faut des mesures nécessaires et urgentes » ; et son homologue Centrafricain de renchérir : « la persistance des chocs risque d’exacerber les vulnérabilités si rien n’est fait. »

Résultat, comme souhaité par l’Institution de Bretton woods, le sommet a débouché sur un nouvel engagement des dirigeants de la sous-région à remettre leurs économies à flot malgré le contexte international incertain. Paul Biya et ses pairs reprennent la voie de la correction des déséquilibres macroéconomiques et de la stabilité financière.

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