Endettement domestique : Jusqu’où la Cemac peut-elle aller ?
Les États de la Cemac prévoient de lever près de 7 milliards de dollars sur le marché régional des titres publics en 2026, confirmant le rôle central de l’endettement domestique dans le financement des budgets et projets de développement.
Le Cameroun domine ces émissions avec 1 165 milliards de FCFA, suivi du Gabon (plus de 1 000 milliards), tandis que le Congo, le Tchad, la Guinée équatoriale et la RCA adoptent des stratégies variées, privilégiant court terme ou structuration progressive.

Cette dynamique se déploie dans un contexte monétaire plus strict : fin 2025, la BEAC a relevé ses taux directeurs pour protéger ses réserves, renchérissant le coût du financement et intensifiant la concurrence sur un marché aux capacités limitées.
Au premier trimestre 2026, plus de 1 000 milliards de FCFA devraient déjà être levés, avec des rendements pouvant atteindre 7,5 % au Gabon. Si cette stratégie soutient l’activité à court terme, elle accentue les vulnérabilités liées à la soutenabilité et au refinancement futur de la dette.
Face à ces enjeux, la BEAC insiste sur la coordination des politiques économiques, la gestion prudente de la dette et la diversification économique. La véritable limite de l’endettement domestique dépend désormais de la capacité des États de la Cemac à concilier relance, discipline budgétaire et stabilité financière.

