CEMAC : gouvernance fragile et corruption persistante, l’IA en réponse partielle à un risque systémique pour les investisseurs
La dernière édition de l’Indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International confirme la faiblesse structurelle de la gouvernance dans la CEMAC. Aucun pays de la sous-région ne franchit le seuil de 50/100. Dans ce contexte, Yaoundé a accueilli une conférence régionale axée sur l’intelligence artificielle comme nouvel outil de lutte anti-corruption.
Les données révèlent un environnement institutionnel dégradé. Le Gabon atteint 29 points (135e mondial), suivi du Cameroun (26 points, 142e) et du Congo (23 points), tandis que le Tchad, la RCA et la Guinée équatoriale restent en queue de classement. Cette situation reflète des faiblesses persistantes : opacité des marchés publics, faible efficacité des contrôles et exposition élevée aux détournements.
Pour les investisseurs, ces indicateurs traduisent un risque opérationnel et réglementaire élevé, pesant sur la prévisibilité des flux financiers et la qualité de l’exécution budgétaire.
La conférence organisée par la Commonwealth et la Commission nationale anti-corruption ouvre la voie à l’IA pour détecter anomalies et flux suspects. Mais sans réforme judiciaire et renforcement institutionnel, l’impact restera limité.
Recommandation : maintenir une forte sélectivité sur les expositions CEMAC, privilégier les actifs adossés à des garanties solides et intégrer le risque de gouvernance comme critère central de portefeuille.

