EUDR : Bruxelles allège la charge administrative sans relâcher la pression sur la traçabilité

La Commission européenne a révisé le règlement anti-déforestation importée (EUDR), introduisant des allègements administratifs sans toucher à ses exigences de traçabilité. Une évolution qui concerne directement les exportateurs africains de cacao, de café et de bois, sous forte pression réglementaire.

Les ajustements portent principalement sur la répartition de la diligence raisonnable, désormais concentrée sur le premier opérateur mettant les produits sur le marché européen. Les acteurs en aval sont allégés en obligations déclaratives, mais restent soumis à la conservation des données. Bruxelles estime que ces simplifications réduiront jusqu’à 75 % des coûts de conformité, ramenés à environ 2 milliards d’euros contre plus de 8 milliards initialement. Le dispositif introduit également des procédures numériques simplifiées et un régime allégé pour les petites entreprises. En revanche, les exigences centrales demeurent inchangées : traçabilité géolocalisée et preuve d’absence de déforestation restent obligatoires. L’entrée en vigueur est fixée à fin 2026 pour les grandes entreprises.

Pour l’Afrique exportatrice, l’enjeu devient opérationnel. Les pays classés à risque standard, dont le Cameroun, devront accélérer la mise en conformité pour préserver leurs parts de marché. Les investisseurs privilégieront les chaînes d’approvisionnement traçables et certifiées. Positionner les portefeuilles sur les acteurs déjà conformes devient une stratégie défensive et de visibilité à moyen terme.

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