Télécoms – Cameroun:L’ART resserre l’étau sur les réseaux défaillants
Coupures de fibre, services instables, obligations non tenues : l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) multiplie les contrôles et sanctions. Objectif : moderniser les infrastructures et garantir une connectivité fiable aux usagers.
Réseaux sous surveillance

Depuis fin août, l’ART mène une nouvelle vague d’audits sur les réseaux de CAMTEL, MTN et Orange. Après Douala, Yaoundé et le Sud, les contrôles s’étendent désormais à l’Est, au Nord et à l’Extrême-Nord. Le régulateur scrute la couverture des axes routiers, la desserte des localités et la qualité des services voix, data et SMS.
Des obligations souvent ignorées
Les conventions de concession 2G/3G/4G imposent une couverture minimale de 75 % de la population et des services disponibles 24h/24. Mais entre équipements vétustes, brouillages et déficit énergétique, les engagements peinent à être respectés. CAMTEL, gestionnaire du backbone national, cumule à lui seul une moyenne inquiétante de 100 coupures de fibre par mois.
Sanctions et audits renforcés
Après des mises en demeure dès 2024, l’ART a infligé des sanctions ciblées en juillet 2025. Parallèlement, des audits stratégiques révèlent l’état préoccupant de la fibre nationale : sections endommagées, maintenance insuffisante, vétusté généralisée. Une seconde phase d’audit sur plus de 100 tronçons est en cours, avec à la clé de possibles recommandations d’investissements lourds.
Vers une connectivité plus équitable
Au-delà des sanctions, l’ART entend replacer les usagers au cœur du dispositif. En exigeant des opérateurs une mise à niveau technique, le régulateur veut garantir une connectivité continue et fiable, condition indispensable à la transformation numérique et à la compétitivité économique du Cameroun.
Les chiffres clés de la crise télécom
- 100 coupures de fibre optique/mois sur le réseau CAMTEL
- 12 000 km de fibre déployés à travers le Cameroun
- 75 % de couverture minimale exigée par les concessions 2G/3G/4G
- 24h/24 – 7j/7 : disponibilité théorique des services imposée par la réglementation

