Diversification de l’économie : ce n’est pas sorcier.
Après la crise financière de 2008, les Etats de la sous-région ont décidé de diversifier leurs sources de recettes dont 2/3 proviennent des hydrocarbures. Plus de 15 ans après, cette ambition ressemble à un vœu pieux malgré la richesse du sous-sol de la Cemac et son potentiel agricole.
Comment sortir de la dépendance du pétrole ? Jusque-là, les dirigeants de la Cemac avaient relégué la question parmi ces lubies dont raffolent les intellectuels et experts pour s’occuper. Mais à faire la politique de l’autruche continuellement, la réalité les a rattrapés. Pendant un certain temps, les cours du pétrole ont été un peu l’arbre qui cache la forêt. Aujourd’hui, ça ne marche plus. Il faut redescendre sur terre sinon c’est le naufrage général.
Les faits sont parlants : 2/3 des 3,5 millions de km de la superficie de la Cemac sont arables ; au moins la moitié des 65 millions d’habitants des six pays de la Communauté sont agriculteurs. Pourtant, le secteur agricole ne représente que 24% de l’économie de la Cemac. Cherchez l’erreur ; « Cela signifie que l’essentiel de notre production agricole est vendu à l’état brut, sans une véritable transformation. Ce qui limite les possibilités de création de richesse », explique l’économiste Pr Bruno Emmanuel Ongo Nkoa. Pour l’enseignant à l’Université de Yaoundé 2, « si on ne maitrise pas les chaines de valeurs industrielles en général et agricoles en particulier, on ne peut pas diversifier nos économies. Cela veut dire que nos Etats [de la Cemac] doivent passer d’une économie de rente à une économie de production, c’est-à-dire une économie qui transforme les ressources [naturelles]. Les chefs d’Etat doivent aussi mettre un accent sur les partenariats. »
L’analyse de la balance commerciale de la Cemac montre que les produits pétroliers arrivent loin en tête des échanges des recettes d’exportation. 42% des ressources budgétaires de la sous-région y sont liées. Ce qui montre le niveau de dépendance à ces ressources alors que le sol et le sous-sol de la Cemac sont riches et variés.

