Brigade mixte CEMAC : Une mise en œuvre lente et complexe.
L’intégration économique en Afrique centrale, portée par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), avance à petits pas.
L’opérationnalisation de la Brigade mixte CEMAC, présentée comme un levier pour fluidifier les échanges et renforcer la sécurité le long des corridors commerciaux, connaît un processus laborieux. Alors que les ambitions affichées sont prometteuses, leur concrétisation reste un défi majeur, avec une échéance désormais fixée à la fin du premier semestre 2025.
La Brigade mixte CEMAC incarne une réponse aux dysfonctionnements chroniques entravant l’intégration sous-régionale : entraves à la libre circulation ; corruption aux frontières ; et faible commerce intracommunautaire, qui plafonne à 3,5 % des échanges totaux. Conçue pour éliminer les pratiques anormales sur les principaux corridors et encourager un transport fluide, cette unité communautaire repose sur une coordination complexe entre les six États membres.
Cependant, la lenteur dans sa mise en œuvre révèle les défis structurels de la région. Depuis l’annonce initiale du projet, les étapes de planification et de mobilisation des parties prenantes s’accumulent sans qu’une véritable phase opérationnelle ne soit enclenchée.
Lors de la réunion interministérielle tenue à Yaoundé en novembre 2024, plusieurs obstacles ont été identifiés : une faiblesse des infrastructures avec des corridors peu développés pour soutenir une surveillance efficace ; une coordination complexe (harmoniser les actions des six États membres, chacun ayant des priorités et des contraintes spécifiques, demeure un défi de taille) ; un manque de financements adéquats (la mise en place des dispositifs comme le numéro vert ou des postes de contrôle modernes nécessite des investissements conséquents).
Dorothy Bekolo Tataw, représentante du Ministère de l’Économie camerounais, a cependant réaffirmé la volonté du pays de jouer un rôle moteur dans l’opérationnalisation de cette brigade, soulignant son importance stratégique pour le Cameroun et la sous-région.

