Bvmac « Asi » : L’indice perd 4,9% en moins d’un an.
SIMPLOT KWENDA, réagit
Du point de vue strictement technique, il faut résoudre le problème de l’atonie du marché…
L’indice BVMAC ASI, qui regroupe l’ensemble des sociétés cotées à la BVMAC, enregistre une baisse en cette fin d’année, avec une variation de -0,56 %. Depuis le 20 novembre, il s’établit à 951,07 points, marquant ainsi une diminution de 4,9 % en moins d’un an. Pour rappel, lors de son lancement, le 11 décembre 2023, l’indice avait débuté à 1 000 points.
D’après certaines sources, cette tendance baissière s’explique par la chute des cours des titres composant l’indice BVMAC ASI.
Qu’est-ce qu’un indice boursier ?
Un indice boursier renseigne sur la tendance évolutive des cours d’un groupe de valeurs boursière. Elle est haussière ou baissière selon que la moyenne des mouvements sur les prix des actifs baisse ou croit. Il prend en compte une date de référence qui sert de base de calcul, un échantillon de valeurs représentatives et une méthodologie de calcul bien renseignée.
Pourquoi les prix baissent ou croissent pour entrainer dans leur mouvement l’indice général des cours.
Je me restreindrai à une réponse des plus immédiates mais aussi la plus certaine, puisqu’elle est vérifiable : le cours baisse lorsque les offres vendeuses dans le carnet d’ordre central ne trouvent pas suffisamment (ou pas du tout) d’acheteur(s). A l’inverse, le cours est haussier lorsque le carnet d’ordre central affiche des volumes plus importants à l’achat qu’à la vente. Lorsque ces déséquilibres acheteurs ou vendeurs concernent le plus grand nombre de titres, l’indice général des cours fluctue dans un sens ou dans l’autre. Cette réponse des plus simples nous évite les développements interminables sur les facteurs déterminant le comportement des investisseurs qui spéculent à la hausse ou à la baisse.
Au-delà des facteurs humains liés au comportement des investisseurs, la microstructure même de la bourse ne comporte-t-elle pas des insuffisances ?
Bien sûr qu’il y a quelques insuffisances à rectifier. Il ne pouvait en être autrement. Le marché boursier se construit par des réglages successifs dans le but d’accroitre les flux d’ordres et les volumes transigés, d’élargir la base des investisseurs, notamment de particuliers qui mieux que tous les autres contribuent à l’animation du marché secondaire. Du point de vue strictement technique, il faut résoudre le problème de l’atonie d’un marché qui plusieurs semaines durant affiche des titres à la vente : les donneurs d’ordre sont-ils sensibilisés par leurs intermédiaires ? les intermédiaires et autres gestionnaires d’actifs trouvent -ils peu d’intérêt pour ces actifs ? le prix d’un actif longtemps à la vente peut-il demeurer infiniment élevé ? Les OST sont-ils bien répercutés dans le carnet d’ordre central et sur le cours des titres ? Ne faut-il pas envisager un ajustement de l’algorithme de cotation pour introduire une décote automatique du cours d’ouverture des titres présentés à la vente sans contrepartie acheteuse durant un nombre de jours de cotation ? la réflexion doit être poursuivie entre tes différentes parties prenantes dans le système de marché.
L’élargissement de la base des investisseurs a été proposé comme une des solutions pour une plus grande animation du marché. Qu’en pensez-vous ?
Je partage entièrement ce point de vue. D’ailleurs, la presse fait régulièrement l’écho des actions initiées par les responsables de la Bourse pour l’éducation financière de masse. En vue de l’ inclusion financière des épargnants de toutes les tailles, les Dirigeants de la Bourse semblent jeter leur dévolu sur « la miniaturisation » des actifs financiers en circulation sur le marché financier. Les chantiers du fractionnement, de la digitalisation des flux titres/espèces et de l’épargne collective ont fait l’objet d’une vive attention ces derniers mois. Malgré tout, la question de l’offre de titres reste préoccupante. La capitalisation boursière « actions » est faible. Les PMEs qui en nombre représentent plus de 90% du tissus économique tardent à rentrer en bourse, encore moins les grandes entreprises. Dans ces conditions de raréfaction des titres de placement, les détenteurs de titres, faute de pouvoir opérer des arbitrages entre plusieurs opportunités de placement, optent pour la stratégie du « buy and hold », au détriment de la vitalité du marché et de ses indicateurs. La question de l’ouverture du capital des entreprises de la région à l’épargne populaire retrouve là toute sa dimension.

