Financement et résilience économique : La BAD prépare un mécanisme pour alléger la dette africaine.

La Banque africaine de développement (Bad) travaille actuellement sur un mécanisme africain de stabilité financière. Ce dispositif vise à refinancer la dette africaine à des conditions plus favorables et à réduire la dépendance aux créanciers privés. Mais le projet en gestation depuis plusieurs années peine à voir le jour.

Les pays africains font face à une explosion des coûts de leur dette, aggravée par leur dépendance aux créanciers privés. Avec près de 54 % de la dette publique africaine détenue par ces derniers en 2024, les intérêts payés par les nations africaines sur les marchés internationaux sont jusqu’à cinq fois plus élevés que ceux appliqués par les institutions multilatérales comme la BAD. Résultat : plus de 20 % des pays africains sont en détresse ou à haut risque d’endettement, un chiffre en constante progression.

Les causes profondes de cette crise

Les racines de cette crise peuvent se trouver parmi les dérives suivantes :

Le basculement vers des créanciers privés, avec un accès facilité aux marchés internationaux qui a conduit les États à privilégier des emprunts coûteux et à court terme pour financer des projets de développement à long terme, compromettant la viabilité des finances publiques ; une absence de mécanisme régional de stabilité financière, l’Afrique reste le seul continent dépourvu d’un cadre institutionnel pour stabiliser sa dette face aux chocs économiques mondiaux ; et l’impact des crises mondiales, les turbulences économiques internationales, combinées à des vulnérabilités structurelles locales, exacerbent la pression sur les budgets des États africains.

Pistes de solutions : la seule piste véritable, est de retrouver une souveraineté financière

Pour sortir de ce cercle vicieux, les pays africains doivent adopter des réformes audacieuses et coordonnées, notamment :

i) Mettre en place un mécanisme africain de stabilité financière, avec comme objectif, refinancer les dettes à des taux plus favorables et réduire la dépendance aux créanciers privés, en accélérant les négociations autour de ce projet porté par la BAD, en mobilisant les pays membres et les partenaires internationaux pour son financement. ii) Développer les marchés financiers locaux en encourageant les emprunts domestiques pour limiter l’exposition aux fluctuations des marchés internationaux, par le renforcement des institutions financières locales et la création des obligations souveraines en monnaie locale pour attirer les investisseurs régionaux ; iii)Prioriser des emprunts durable sen alignant les financements sur des projets générateurs de revenus à long terme, par l’instauration des mécanismes d’évaluation stricte pour s’assurer que chaque projet financé contribue à la croissance et à la soutenabilité budgétaire ; iv) Favoriser une intégration économique régionale avec comme objectif, accroître la résilience face aux chocs mondiaux en renforçant le commerce intra-africain et les mécanismes de solidarité financière, et une exploitation des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour générer des revenus supplémentaires.

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