Bipindi Grand-Zambi : le Cameroun inaugure sa mine de fer stratégique

Le 22 septembre 2025, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a inauguré la mine de fer de Bipindi Grand-Zambi. Avec 700 millions de dollars investis et une production annuelle de 2 millions de tonnes, le pays se positionne désormais sur le marché mondial du fer. Mais la véritable question demeure : saura-t-il construire une industrie sidérurgique à valeur ajoutée ou restera-t-il simple exportateur de minerai brut ?

Une inauguration symbolique

La cérémonie, en présence du Premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement et des dirigeants de Sinosteel, marque l’aboutissement d’un partenariat stratégique sino-camerounais. La mine de Bipindi Grand-Zambi devient ainsi un jalon majeur dans la diversification économique du pays, après le cacao, le café et le bois.

Des infrastructures colossales

Le projet s’accompagne d’installations impressionnantes :

  • Terminal minier pouvant traiter 8 millions de tonnes de minerai brut par an
  • 142 km de routes construites rapidement
  • 510 km de ligne ferroviaire reliant les gisements au port en eau profonde de Kribi

Ces infrastructures permettent d’assurer la production annuelle prévue de 2 millions de tonnes et l’exportation vers les marchés internationaux dès octobre 2025, avec un minerai affichant une teneur de 66 %.

Des retombées économiques immédiates

Les premiers effets se font déjà sentir :

  • 2000 emplois directs créés
  • 150 milliards FCFA injectés dans l’économie locale
  • Perspectives fiscales importantes pour l’État

La mine offre une opportunité stratégique pour le Cameroun, mais aussi pour l’ensemble de l’Afrique centrale, en matière de développement industriel.

Enjeux stratégiques et défis à relever

Au-delà de la production, plusieurs défis se posent :

  • Transformer le minerai localement pour créer une filière sidérurgique
  • Maîtriser les revenus miniers et la gouvernance des ressources
  • Intégrer les communautés locales et limiter l’impact environnemental

Sans réponses concrètes à ces questions, la « révolution industrielle » annoncée risque de rester une rente éphémère, plutôt qu’un moteur durable d’industrialisation régionale.

Une perspective panafricaine

La mine de Bipindi ouvre la possibilité d’une sidérurgie régionale, capable de transformer le fer en acier sur le continent et de soutenir les projets d’industrialisation. La réussite dépendra de la volonté politique et de la capacité du Cameroun à éviter le piège des simples exportations de matières premières.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *