SONARA, Crise énergétique et gestion de la dette : la peine doublée des camerounais.

Malgré les efforts du gouvernement pour apurer la dette de la Société Nationale de Raffinage (SONARA), les prix élevés des carburants à la pompe continuent de peser lourdement sur le quotidien des camerounais.

Alors que la dette de la SONARA atteint 780 milliards FCFA, dont 427 milliards restent à collecter, l’instauration d’une taxe sur les produits pétroliers ne semble pas suffire à résoudre les problèmes structurels du secteur.

Depuis 2020, le gouvernement a mis en place une taxe de 47,88 FCFA par litre de carburant pour financer le remboursement de la dette de la SONARA. Au 31 octobre 2024, 353 milliards FCFA avaient été collectés sur le compte séquestre logé à la Banque centrale, laissant un déficit de 427 milliards FCFA. Ce manque à gagner reflète les difficultés à mobiliser des ressources suffisantes pour assainir les finances de la raffinerie.

L’intégration de cette taxe dans la structure des prix des produits pétroliers a entraîné une hausse des coûts pour les consommateurs. Ces augmentations sont particulièrement sensibles dans un contexte économique où le pouvoir d’achat des ménages est sous pression. Si cette stratégie permet de générer des fonds, elle soulève aussi des interrogations sur l’équité de cette mesure, qui affecte disproportionnellement les populations les plus vulnérables.

Selon Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, la reconstruction de la SONARA nécessite non seulement des fonds importants mais aussi la restauration de relations de confiance avec les partenaires financiers. Toutefois, la vision à long terme pour garantir la viabilité de la raffinerie reste vague. Les annonces de recherche de financements internationaux n’ont jusqu’à présent pas abouti à des engagements concrets.

La situation de la SONARA révèle des lacunes dans la gestion du secteur énergétique au Cameroun. La dépendance accrue aux importations de produits pétroliers finit par renchérir les coûts pour le pays, mettant en lumière la nécessité d’une stratégie plus globale. L’exploration de sources d’énergie alternative et une meilleure gouvernance du secteur pourraient offrir des solutions durables.

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