L’actionnariat populaire : Un levier de la souveraineté économique pour la Cemac.
L’actionnariat populaire se présente comme une solution stratégique pour renforcer la résilience économique et réduire les inégalités sociales.
Ce modèle permettrait aux citoyens d’investir dans des entreprises locales, transformant ainsi une épargne souvent improductive en un véritable moteur de croissance et d’innovation.
Selon plusieurs économistes chevronnés, l’actionnariat populaire peut être une solution à la résilience des économies de la Cemac. C’est sans doute la raison pour laquelle, un colloque international sera organisé à Douala, à l’occasion de la troisième édition des Awards du marché financier de la Cemac, sous le thème, « Actionnariat populaire : Contours, enjeux et défis ». L’occasion pour les experts locaux et d’ailleurs de trouver les pistes de solutions pour le développement de l’actionnariat populaire en zone Cemac.
Sans doute après cette importante réunion, l’opinion publique comprendra pourquoi, les privatisations d’entreprises publiques par offre publique de vente sont rares dans la sous-région. Le développement de l’actionnariat populaire en zone Cemac permettra aux petites et moyennes entreprises (PME), de créer de la valeur et les emplois. En ne mobilisant pas l’épargne locale pour renforcer le secteur productif, les États privent ainsi leurs économies d’un levier essentiel pour leur transformation.
L’actionnariat populaire en Afrique centrale fait face à des défis structurels. La domination des groupes étrangers, la réticence des industriels locaux à ouvrir leur capital, et une faible culture financière parmi les populations constituent autant d’obstacles. Ces freins sont exacerbés par une gestion parfois inefficace des privatisations et un manque de sensibilisation des citoyens quant aux opportunités offertes par l’investissement en actions.
Pour libérer le potentiel de l’actionnariat populaire, des réformes ambitieuses sont nécessaires. Les États doivent harmoniser leurs cadres juridiques et réglementaires pour faciliter l’accès des citoyens au capital des entreprises ; encourager les privatisations inclusives, en réservant une part des actions des entreprises publiques aux épargnants locaux ; promouvoir l’éducation financière, afin de sensibiliser les populations aux avantages de l’investissement et d’encourager une participation active ; soutenir les PME et l’entrepreneuriat collectif, qui constituent le socle d’un « capitalisme populaire inclusif ».
La prochaine édition des Cemac’s Capital Market Awards, axée sur l’actionnariat populaire, sera une occasion cruciale pour évaluer les stratégies et proposer des solutions concrètes. Il est impératif que les États de la CEMAC agissent de manière coordonnée pour bâtir un marché financier intégré et inclusif.
L’actionnariat populaire n’est pas une utopie, mais une voie tangible pour garantir la souveraineté économique des nations de l’Afrique centrale. Dans un monde en mutation rapide, il est temps pour la région de s’unir et de transformer la solidarité en actions concrètes pour écrire une nouvelle page de son histoire économique.

