Crise économique en Afrique centrale : Réformes économiques ou chaos, les États de la CEMAC au pied du mur.
Les économies de la sous-région Afrique centrale, largement dépendantes des hydrocarbures et plombées par une dette croissante, peinent à trouver des solutions face à une crise d’accès aux financements. La session extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC, convoquée en décembre 2024 à Yaoundé avec le soutien du FMI, a réaffirmé l’urgence de réformes structurelles pour inverser la tendance et garantir une stabilité économique durable.
Les pays de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale), dont l’économie repose principalement sur les hydrocarbures, font face à une crise économique persistante. Les perspectives d’une baisse des prix du pétrole, estimées à 70 dollars le baril en 2025 et à 65 dollars en 2026, viennent accentuer la fragilité budgétaire des États membres. Avec une contribution moyenne de 40 % des recettes publiques, cette dépendance expose les économies de la sous-région aux chocs des marchés mondiaux, limitant leur capacité d’action.
La situation est aggravée par une accumulation d’arriérés de paiement, qui affecte autant les créanciers internationaux que régionaux. La méfiance des investisseurs, déjà notable au sein de la CEMAC, s’est intensifiée au cours des derniers mois, rendant plus difficile la mobilisation de fonds. En décembre 2024, la session extraordinaire de Yaoundé a mis en lumière l’urgence de rétablir la confiance des marchés, alors que plusieurs États, dont le Gabon et le Congo, peinent à respecter leurs obligations financières, alimentant des inquiétudes sur une éventuelle contagion régionale.
Les chefs d’État de la CEMAC ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre des réformes structurelles profondes, en ligne avec les recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Ces réformes visent notamment à : Diversifier les économies : Réduire la dépendance aux hydrocarbures en développant des secteurs comme l’agriculture, le tourisme, les énergies renouvelables et l’industrie manufacturière ; Renforcer la discipline budgétaire : Limiter les dépenses publiques non prioritaires et améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques ; Améliorer la gouvernance économique : Moderniser les institutions économiques pour mieux attirer et sécuriser les investissements locaux et étrangers.
Cependant, les réformes restent entravées par des pratiques politiques et administratives inefficaces, ainsi que par des dépenses publiques excessives souvent liées à des cycles électoraux, comme c’est le cas au Gabon et au Cameroun.

